Je n’arrive pas à l’instaurer chaque année dans chaque cours, mais quand j’y arrive, j’aime énormément demander aux enfants de légender leurs dessins.
Les « dessins racontés » ont commencé avec une petite description que j’inscrivais au dos des dessins.

“C’est l’histoire d’un château magique, non, pas magique en fait. Dedans, il y a une table et puis un roi. Le roi monte sur la table et c’est son trône de roi. Et en fait, le roi c’est une télé : c’est le roi-télé !”

“C’est un chat qui a griffé le téléphone et la télé, et il y a deux personnages qui sont en train de rire et un qui est triste ; ils sont tous dans la même maison et il fait beau parce que c’est l’été et ils habitent près d’une route.”
Très vite, les légendes sont devenues plus complexes, se transformant parfois en véritables histoires autonomes, quoique toujours inventées à partir d’un dessin.

“Il était une fois une réserve naturelle avec une maison dedans, et puis il y a une rivière à côté de la maison, une balançoire, un cerisier, une voiture et deux arbres. Un cerisier qui a eu des cerises tout l’été, tout l’automne et tout le printemps et tout l’hiver. Et il était habité par des milliers et encore des milliers de corbeaux. Sur la rivière, il y avait un pont, juste à côté un arbre, une voiture à côté de l’arbre et de la rivière, surtout il y avait des berges. et on pouvait pécher dessus.”

“Il était une fois un bateau qui s’était perdu et puis il était coincé dans la mer. Et puis ce jour là une tempête de neige tomba sur la mer et sur les bateaux. Et puis il allait être dévoré par une baleine GIGANTESQUE qui faisait soixante bateaux. Bien sûr, soixante pétroliers. Il essaya de survécure et au-dessous il y avait deux poissons qui essayaient de survécure aussi. Et puis les algues, les coraux aussi étaient comme les deux poissons. Il y avait une pieuvre, elle essayait de survécure comme tous les autres. La rafale était de plus en plus, de plus en plus puissante. Nos amis essayaient de survécure. Et puis la neige tomba sur le navire, il y avait beaucoup plus de neige que le navire pensait. Le moussaillon s’appelait Eric. FIN”
D’autres fois, c’est une petite phrase qui met en valeur le dessin d’une façon imprévue…

“C’est un serpent avec des ailes, né d’un serpent et d’un faucon. Il a grandi, il est devenu un géant serpent et ses ailes ont poussé. Une malédiction l’a mis dans l’espace-temps et il y est condamné pour toute sa vie. Et il est éternel.”

“Là haut, il y a une chouette pendue à une arbre avec un cœur en dehors qui a une flèche dedans. En bas, il y a un personnage qui tient une flèche. FIN”
… ou explique une scène complexe.


“Il y a fort longtemps, les dieux dirigeaient la terre. Personne ne se plaignait et rien ne manquait. Mais les Onï, ou appelés Ombres de Destruction ont envahi en engloutissant la Terre de tentacules et d’un nuage noir, et tout ce qui restait dehors était pétrifié. La terre devint entièrement noire et personne ne survécut. Les dieux alors quittèrent le paradis, déjà oubliés.”
Après cela, j’ai eu l’occasion de mettre en place une série d’atelier de création d’un livre avec les enfants de l’ALSH de Treignac, qui représentait l’aboutissement de cette démarche de va et vient entre dessin et narration.